Orateur : Dr. Denis Hirsch

Lieu : au campus du Solbosch

Date : lundi 27/03/00

Heure : à 20h30

 

Résumé :

Une enquête anonyme faite dans les écoles de la ville de Bruxelles révèle le nombre d’adolescents suicidaires.  Il faut savoir que le suicide est la deuxième cause de décès chez les jeunes entre 15 et 25 ans et la première cause de décès chez les jeunes entre 25 et 35 ans.  20 à 30% d’adolescents ont déjà eu des idées de suicides et 8% sont déjà passés à l’acte.  Ce qui représente 1/3 des élèves qui ont répondu à l’enquête.

Voc :

§        Suicidant : ce sont les adolescents qui sont passés à l’acte

§        Suicidaire : ce sont les adolescents qui ont eu l’idée de se suicider mais qui ne sont pas passés à l’acte.

Il y a 2 à 3 adolescents qui se suicident à Bruxelles par jour.  L’adolescent va mal pendant l’école secondaire et passe à l’acte après ce cycle.  La majorité des professeurs ont déjà eu des élèves qui ont pensé à se suicider.  Les adolescents tentent plus souvent que les adultes à se suicider mais y parviennent moins souvent. 

Ce qui est important à savoir : c’est qu’on ne peut pas comparer le problème du suicide chez l’adolescent et chez l’adulte.  Chez l’adolescent, un sur trois a déjà pensé à la mort, ce phénomène est propre à l’adolescence.  Les causes de suicide chez l’adolescent sont : l’échec, la honte et la culpabilité.  Tandis que chez l’adulte, les tentatives de suicide sont liées à la dépression, 50% des adolescents n’ont pas de dépression.

Statistiques :

Il y a quatre fois plus de filles que de garçons qui font une tentative de suicide mais les garçons y arrivent plus souvent.  Pour certains adolescents, prendre trois cachets d’aspirine peut être une tentative de suicide, bien que pour les parents cela ne représente rien de grave.  Toutes tentatives de suicide est grave et dangereuse si on n’en tient pas compte.  Cette tentative de suicide marque un trouble chez l’adolescent et il faut que l’adulte y remédie.

10 à 15% des adolescents qui ont été envoyés dans un hôpital vont mourir d’une mort violente dans les 10 années qui suivent.

La raison pour laquelle ce chiffre de suicidaires est important, c’est que l’acte n’est pas pris en compte.  Et certains actes ne sont pas toujours liés à la dépression.

 

A qui s’adresse les adolescents lorsqu’ils ont fait une tentative de suicide ?

v    Seulement 1/3 des adolescents qui ont eu une idée suicidaire en parle après.

v    Seulement 1/5 des adolescents en parle aux parents.

v    Seulement 2/3 des adolescents en parle aux copains.

v    Seulement ½ n’en parle pas.

v    Les adolescents en parlent rarement aux psychologues.  Mais les PMS sont les premiers à entendre les étudiants quand ils ont des problèmes.

 

Les adolescents ont des symptômes avant le suicide, et ils ont beaucoup de difficultés à en parler avec les adultes, ils en parlent plus facilement à leurs amis.

 

Le conférencier est rentré en contact avec des professeurs et ils ont constaté :

v    Qu’un adolescent peut faire une tentative à l’acte à un moment inattendu.

v    Que beaucoup d’adolescents montrent une tentative à l’acte dans une dégradation parentale : violence, divorce, abus sexuel.

v    Qu’une rupture sentimentale ou un échec scolaire peut entraîner le suicide.

Ce sont souvent des adolescents fragiles qui passent à l’acte du suicide suite par exemple à un conflit de longue date dans la famille.

Voc :

§        Les adolescents déprimés : ce sont des adolescents qui pensent leur souffrance en fantasme, avec leurs amis.

§        Les adolescents dépressifs : ce sont des adolescents qui doivent surmonter leur souffrance, ils vivent plus leur souffrance et ils passent plus à l’acte.

L’adolescent dépressif ne se reconnaît pas comme déprimé.

 

Qu’est-ce qui déclenche un acte de suicide ?

C’est mal vécu par les parents, c’est un geste très violent.  En faisant sa tentative de suicide, l’adolescent veut exprimer son mal être.  En cas d’un suicide d’un de leur élève, 100% des professeurs demandent un suivi de psychologue dans la classe.

 

La culpabilité est très importante lors d’un su icide d’un proche :

Certaines personnes se dissent qu’elles auraient dû l’en empêcher.

Ceux qui passent à l’acte ne savent pas penser leur souffrance, ils doivent l’expulser en passant à l’acte, alors que l’adolescent cherchait un adulte pour l’entendre.

 

Comment un adolescent peut-il montrer des gestes pour passer à l’acte ?

Les PMS sont les premiers soignants appelé par l’école en cas de problèmes.  C’est une prévention contre cette souffrance.  Il ne faut pas laisser ces adolescents suicidaires s’enfoncer, il faut les aider à en parler avec le PMS.

 

Quelques signes suicidaires d’adolescents à l’école :

Par exemple :un élève qui dort sur son banc, un élève qui arrête son hobby préféré, le contenu des devoirs écrit par les élèves (au cours de morale), ce sont des signes qui peuvent se révéler suicidaires.  Dans l’acte suicidaire, il y a de la violence qui est la conséquence d’un échec ressenti par l’adolescent.  Il y a d’autres signes suicidaires tel que le phénomène du bouc-émissaire (comportement en classe), le décrochage grave, l’absentéisme scolaire.

Les adultes se demandent jusqu’où ils peuvent aller ; alors que les adolescents se demandent jusqu’où ils ne peuvent pas aller.

C’est un tabou mais la vie est précieuse, elle a un sens ! 

 

Quelques questions qu’on se pose mais pour lesquelles on n’a pas de réponse :

v    Comment rentrer en contact avec l’adolescent ?

v    Que faire si l’adolescent ne veut pas en parler avec les psychologues ?

v    Est-ce qu’un adolescent qui tentent de se suicider veut mourir ?

En fait, il est moitié, moitié.  Pour certains adolescent, leur vie, ils la doivent à leur parent.

v    Que faire quand on sait qu’un élève veut se suicider ?

Le professeur doit garder le secret professionnel mais il sent la solitude et doit en parler à quelqu’un d’autre (ex : au conseil de classe).  Les professeurs pensent à une relation de violence.  Ce sont deux sujets tabous : le suicide et la violence.  C’est très lourd à porter et il faut en parler.  Mais il faut surtout aider ses jeunes et pas seulement les écouter, il faut agir positivement car 2/3 des adolescents en ont parlé dans leur entourage quelques jours avant la passage à l’acte.

Une ligne téléphonique pour aider les jeunes est mise à leur disposition : c’est Ecoute Enfant :103